La thèse centrale
La Roumanie s'est construite de l'intérieur ; c'est à Paris qu'elle a gagné sa marge d'action en Europe.
Les acteurs roumains ont apporté le programme, les hommes, le travail de persuasion, les votes et le fait accompli. La France a offert une tribune, une pression diplomatique et une protection internationale là où l'initiative locale aurait pu être bloquée.
Cette distinction rend justice aux deux formes d'action. L'Union de 1859 est née de l'action politique roumaine à l'intérieur d'un cadre européen remodelé par la guerre de Crimée et la diplomatie des grandes puissances. Napoléon III a été le principal soutien européen de la cause unioniste, tandis que l'Empire ottoman, la Russie, la Grande-Bretagne, l'Autriche, la Sardaigne et la Prusse continuaient de peser sur le règlement.
Ce schéma s'est répété sous d'autres formes. Des officiers français ont aidé à reconstruire l'armée roumaine en 1916–1917 ; diplomates et géographes ont apporté leurs réseaux et leur expertise en 1919 ; la France a ensuite soutenu l'adhésion de la Roumanie à l'Union européenne et ratifié le traité en décembre 2006.